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Dès la fin du XIXe siècle, les progrès de la médecine jumelés à
la complexité accrue des interventions chirurgicales, nécessitèrent
des services infirmiers de soins personnels et techniques plus
rigoureux et demandant une formation et des études plus
poussées.
Construite en 1903 pour pallier à ces nouvelles exigences, la
résidence d'infirmières de l'Hôpital général de Kingston fut l'une
des premières résidences de ce genre au pays. Désormais connu sous
le nom d'Édifice Ann Baillie, la résidence fut renommée en
l'honneur de cette ancienne graduée et dévouée directrice de
l'établissement suite à son décès en 1942.
À la fin du XIXe siècle, la pratique de la profession
d'infirmière était incontestablement la plus difficile dans
l'ensemble du domaine de la santé.
L'obligation de vivre dans des salles communes malpropres et
bruyantes, s'exposant ainsi à des maladies incurables ou
mystérieuses, faisait intégralementpartie des conditions de vie des
étudiantes-infirmières. Les résidences d'infirmières comme
l'Édifice Ann Baillie offraient donc un foyer sécuritaire aux
étudiantes, un milieu social entre pairs, un lieu d'étude ainsi
qu'une communauté au sein de la communauté élargie.
De plus, les résidences d'infirmières comme l'Édifice Begbie
Hall située
en Colombie-Britannique, devinrent des
symboles à travers le pays, du développement et de la
reconnaissance des soins infirmiers comme une profession. Les
idéaux et les activités qui s'y déroulèrent, représentent
aujourd'hui une période clé dans l'histoire canadienne du tournant
du XXe siècle : la transformation de la fonction d'infirmière en
une profession et l'expansion du rôle des femmes dans un nouveau
domaine professionnel au sein de la collectivité des soins de santé
et de la société canadienne en général.
Ces deux bâtiments, de même que le Pavillon Hersey, la Résidence
d'Infirmières de l'Hôpital de St. Boniface et le Pavillon Mailloux,
figurent sur la liste des cinq résidences d'infirmières ayant été
commémorées et désignées symboles nationaux.
De tous
les temps, les femmes s'avérèrent être de véritables pionnières
dans la création d'institutions et de services liés à divers
secteurs de la vie publique. Elles fondèrent des écoles religieuses
et laïques, créèrent des cliniques puéricultures et des hôpitaux,
assumèrent la direction d'hôpitaux, enseignèrent aux jeunes et
soignèrent les malades et nécessiteux.
La lutte des femmes pour percer la profession médicale fut ardue
et périlleuse. Le parcours d'Emily Stowe (1831-1903), une personne
historique nationale, témoigne
du courage et de la
détermination de ces femmes à l'avènement de celles-ci en tant que
professionnelles de la santé.
En effet, suite au rejet de sa candidature à la Toronto School
of Medicine, Emily Stowe quitta sa ville natale pour aller faire
ses études au New York Medical College for Women. En 1867, le Dr.
Emily Stowe retourna chez-elle avec la ferme intention de s'y
établir et d'y exercer la médecine. Pour obtenir sa licence
d'exercer la médecine en Ontario, Emily dut à nouveau assister à
des séances de formation dans une école de médecine de l'Ontario.
L'accès aux femmes étant toujours refusé dans ces établissements,
elle réussit tout de même à entrer au Toronto School of Medicine
avec sa compagne Jenny Trout.
En 1883, grâce à une campagne féroce, la première femme médecin
au Canada ouvrit une école de médecine pour femmes au centre de
Toronto. En 1895, elle fusionna son établissement avec celui de
Jenny Trout pour former l'Ontario Medical College for Women qui fut
ainsi créé afin de procurer un cadre accueillant aux Canadiennes
désirant étudier la médecine.
La Women's College Hospital fut créée quelque années plus tard.
C'est ainsi que la Women's College Hospital procura aux femmes une
éducation et pratique médicale à une époque où ces opportunités
étaient inexistantes ou limitées pour les femmes canadiennes.